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Le blog de Christian Limbertès

Photos Vidéos et écrits.

LE SEMERU (3676m)

LUNDI 4 août

Nous montons dans une jeep où nous nous serrons entre les bouteilles d'eau minérale en essayant de ne pas les écraser.
La piste est difficile, très poussièreuse. Notre convoi rencontre une équipe japonaise.
Nos sacs sont arrimés sur un autre véhicule; cela n'empêche pas la perte de celui de Narto, notre guide indonésien.On le retrouve au milieu de la mer de sable engendrée par les chutes de cendre du Bromo.
Nous traversons maintenant une jungle épaisse peuplée de panthères.
A un arrêt nous apercevons le Semeru, grand stratvolcan culminant à 3676 m d'altitude qui crache un nuage dans le crépuscule, c'est vers ce sommet que nous gravirons après-demain.

 
Le Semeru est un cône régulier qui s'élève de 1200m au dessus de la vallée. Il est strié par de profondes crevasses dues aux pluies. Les explosions se produisent vers le même versant. Nous n'entendons pas d'explosion.
Mais c'est un volcan très dangereux où plusieurs personnes ont déjà perdu la vie  s'approchant de trop près du cratère éruptif.
Quelques dates
1818 : début des éruptions
1946 : éruption consistant à la formation d'un dôme à l'intérieur du cratère
1967: éruptions fréquentes et continues jusqu'à ce jour
1992: coulée de lave basaltique de 1,5  millions3 .

Des explosions se produisent environ toutes les 30 minutes.

 

Nous arrivons à Ranopani, un village situé au bord d'un lac magnifique où se reflètent les maisons traditionnelles où demeurent des paysans mais aussi les guides et les porteurs que le Parc National nous oblige à prendre.
Les porteurs ? est- ce bien utile? Nous nous posons souvent cette question et pourtant cela constitue un revenu non négligeable pour ces populations dont le revenu est faible. On est loin ici des conditions de vie dans nos montagnes. On a l'impression de revenir 6O ans plus tard.
Quelle impression de calme dans cet endroit au bout du monde! Il y a beaucoup de bout du monde sur terre.
Mais ici c'est sauvage et  l'homme tente de vivre en harmonie avec son paysage, sa nature.
Nous récupérons nos sacs et nous nous installons dans deux grandes maisons sur une vaste plate-forme.
Je m'installe avec Pierre dans une chambre double avec trois lits. Les matelas sont plus que mous.
Il faut en empiler deux pour éviter de sentir les barres du lit. On espère toujours passer une bonne nuit avant la prochaine où le  lever se fera à minuit, voire plus tôt.
Le soir nous nous régalons avec les fruits dispensés par nos hôtes bienveillants. Je mangerai encore un bon plat de riz, ma nourriture préférée ici en Indonésie.
Nous préparons aussi nos sacs pour le trek. Il faut préparer deux sacs un pour les porteurs avec le duvet, et les vêtements de montagne et un autre dans lequel nous glissons les affaires inutiles pour les deux prochains jours.
Nous garderons un sac à dos léger avec nos affaires pour la journée, l'appareil photo et une gourde.
Tout le problème sera de déterminer la quantité d'eau nécessaire. C'est difficile car nous ne savons pas exatement les quatités emportées par les porteurs.

 

  Mardi 5 août

La nuit a été riche en discussions.
Le matin, le lac est toujours assoupi sous une chape de brouillard qui donne une impression d'étrangeté.
Nous prenons un rapide déjeuner.
Les porteurs très nombreux se munissent d'une barre de bambou sur laquelle sont attachés deux sacs. Ce ne sont pas seulement nos sacs, mais aussi la nourriture, les ustensiles, les boissons  le bois de chauffage, les tentes pour ces deux jours de trek.
Ils avancent ainsi avec des sandales  ou des bottes sur un rythme régulier les uns derrière les autres dans la jungle.
Le départ se fait sur route asphaltée, mais très vite nous la quittons pour suivre un chemin pavé d'abor, puis en terre.
Tout au long, nous faisons halte dans des sortes d'abris rejoints par nos guides qui portent leur propre sac à dos.
Les porteurs coupent le chemin et filent dans la jungle épaissse au milieu de grandes fougères sur un petit sentier poussièreux. Nous les retrouverons plus loin.
De temps en temps nous apercevons le Semeru qui domine tout cette région sauvage. Nous arrivons au col d'Ajek- Ajek, puis au lac de Ranu Kumbolo.

LES PORTEURS

LE SEMERU

LE LAC DE RANU KUMBOLO

Nous nous installons contents de trouver un endroit confortable après une longue marche. Nous laissons les porteurs s'occuper du repas. Tout est minutieusement préparé par les indonésiens. Le chef guide dirige tout ce monde.
Quel luxe! Nous nous laissons envahir par la contemplation de ce  lac qui doit être un ancien cratère comblé par les eaux de pluie ou le ruisseau qui se jette pas loin de nous. Une famille d'ici vient chercher quelques légumes.
Ils semblent vivre chichement. J'essaie d'imaginer leur vie. Quelle doit être âpre et difficile? La mère porte son enfant sur le dos. Ils paraissent deux fois leur âge.
Les minutes passent et il est temps de quitter le lac, cet endroit magique où parfois les expéditions s'arrêtent pour un premier bivouac. ce n'est pas notre cas. Nous continuons notre marche vers le camp de base d'Arcopodo.



Après un deuxième col, nous débouchons dans une vaste prairie où un feu brûle et que Narto va éteindre.
Le chemin est facile; nous remontons quelques mètres et nous entrons de nouveau dans la forêt.
Nous traversons un ruisseau sec enjambé par un arbre qui fait office de pont pour les porteurs qui sont toujours aussi impressionnants. Nous faisons quelques arrêts supplémentaires permettant à chacun de se regrouper, de prendre des forces sous la chaleur, nous buvons fréquemment.
En sortant une dernière fois de la forêt nous avons une vue magnifique sur le Semeru qui nous gratifie d'une nouvelle explosion.

NOUVELLE EXPLOSION DU SEMERU

 

 

Nous arrivons au camp de base. Les tentes sont montées par les porteurs. Le camp de base est situé
à la base du cône du Semeru. Il y a ici un baraquement où va dormir l'équipe indonésienne.
Avant cela nous prenons le repas au bord d'un grand feu. Heureusement qu'il ya ce feu car la soire est fraiche.
Nous terminons le repas avec une goûte de Génépy que j'offre à chacun, puis nous nous dirigeons vers nos tentes. Nous nous glissons dans  nos duvets. Nous nous lèverons très tôt. Il a été décidé de couper le groupe en trois. Un premier départ aura lieu vers minuit( lever 23H30), un deuxième vers minuit(lever à OH30) et un dernier à
une heure afin que tous puissent arriver au sommet.
Il est difficile de trouver le sommeil; J'écoute un peu de musique histoire de m'endormir. Le moment de se lever arrive vite. Pour ma part je vais m'élancer à une heure.
Il fait très froid. On se croirait au départ d'une randonnée à ski dans les alpes. Il faut aussi prendre le masque à gaz. On sait jmais...
Nous voilà partis. Le chemin est raide et nous suivons deux guides devant nous qui ont une allure alerte et nous rattrappons très vite les deux groupes partis bien plu tôt que nous.
Des discussions assez vives opposent le guide francophone et les français car le premier semble faire obstacle à l'ascension. Nos deux guides envoyés par l'agence ne grimperont pas au sommet.
La pente est de plus en plus dure. Nous débouchons sur le cône et à chaque pas il faut s'appuyer sur nos bâtons pour éviter de faire deux pas en arrière. De temps  en temps nous trouvons l'arête avec un terrain plus dur. L'arête est très effilé et de chaque côté le ravin menace. Une perte d'équilibre serait fatal. Cela fit quatre heures que nous marchons dans cette pente raide. Nous arrivons enfin au sommet. Il fait nuit encore et sans nos guides nous aurions basculés dans la pente du volcan vers je ne sais quel abîme. Il fait froid et le vent est insupportable.
Il faut se mettre à l'abri avant le lever de soleil. Dans cet abri nous attndrons le deuxième groupe qui ne saurait tarder. Nous nous glissons dans un ravin peu exposé au vent. Mais le froid mord toujours. J'ai failli m'endormi.
Nous étions serré tous les uns contre les autres, trois français et deux guides indonésiens.
Au bout d'un certain moment le deuxième groupe arrive et se protège du vent et du froid.
Enfin c'est le lever du jour et nous accueillons la première explosion avec une joie immense.
 

 

AU SOMMET DU SEMERU (3676 m)

 

UNE EXPLOSION TOUTES LES VINGT MINUTES se produit. Le nuage se développe un peu plus loin. Il se développe comme un chou-fleur. Il prend une teinte rouge du fait du soleil. Il glisse silencieusement s'envolant dans le ciel d'indonésie. Plus grand il ressemble à un vaisseau si paisible et sans bruit qu'on finirait presque par croire qu'il est innoffensif. Et pourtant ces explosions peuvent être meurtrières; des coulées pyroclastiques pourraient s'échapper du cratère et nous réduire à néant. Nous avons de la chance. Rien de tout cela se produit.
Nous sommes subjugués et si ce n'était le froid et le le vent on resterait ici des heures et des heures.
Nous essyons d'aller voir plus loin;  notre curiosité peut nous pousser à l'inexorable. Mais nos guides sont là pour nous freiner. Nous resterions plus longtemps mais nos guides sont mal habillés et ont l'air de souffrir du froid plus que nous.

NOS GUIDES INDONESIENS AU SOMMET DU SEMERU

 

 On aperçoit l'explosion se déroulant dans le cratère du Semeru

Enfin il faut descendre sans me lasser du spectacle offert par les explsions. Maintenant c'est un nuage drapé de cendre qui s'effiloche dans le ciel avec ses muliples ramifications comme un arbre tentaculaire dont l'esprit étreint nos pensées.




Je dévale la pente dans les cendres accumulées. De temps en temps je crois reconnaître des anciennes coulées pyroclastiques. Combien d'explosions a-t-il fallu pour édifier un tel cône?
Les bombes volcaniques prouvent que nous ne sommes pas à l'abri d'une chute de pierres. Ici tout rappelle le danger. Il faut être humble devant les forces irrésistibles de la nature.
Il commence à faire chaud dans nos vêtements d'hiver. Les cailloux remplissent nos chaussures malgré nos guêtres.
Enfin voici le camp de base où nous nous restaurons, il est à peine 9 heures du matin. Nous chargeons nos sacs une fois tout le groupe réuni et nous repartirons vers Ranopani.



LE CAMP DE BASE D'ARCOPODO  AUX PIEDS DU SEMERU

 

NOS GUIDES AU CAMP DE BASE

Nous nous mettons en marche en file indienne. Les porteurs partent devant toujours avec rythme soutenu. Je m'essaie au franchissement du tronc. Après coup je me demande quel diable m'a poussé à faire cet inutile exploit pltôt dangereux.
Nous nous arrêtons au bord de la prairie. Je discute un moment avec notre guide. Il m'explique qu'ici vivent de nombreuses panthères noires. Elles fréquentent souvent ls lieux; nous en apercevons de nombreuses traces dans la clairière qui jouxte la forêt.




TRACE DE PANTHERE

Nous débouchons au-dessous du lac. Là une foule nous attend; une colonie d'étudiants indonésien s'est installé. Ils viennent de Jakarta et ils ont le projet de  faire l'ascension du Semeru. Il s camperont au bord du lac cette nuit. Nous nous lions d'amitié avec ces jeunes.
Ils sont  remplis plein de gentillesse et sourires. Déjà toutes les questions sont abordées. Nous savons tout sur tous. Il y a là Dila que je prends dans mes bras pour une photo souvenir. Celle-ci nous fait un cours de natation en plongeant dans le lac. Après le déjeuner nous repartons dans la forêt pour regagner le village de Ranopani où nous récupérons nos affaires, puis les jeep nous emmène aux minibus qui nous conduisent à Kaliburi où nous passerons la nuit, certains avec un gros mal au ventre.
Demain, nous partons pour le Kawa-Ijen


AMITIES FRANCO-INDONESIENNES

textes et photos, Tourrette Christian

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Renée Antoine 31/03/2009 21:08

superbe reportage, bravo
nous sommes donc 2 blogueurs à Pralognan